Manuscrit
4 pages
Trois paysans en sabots
Le manuscrit de cette petite pièce est conservé dans la collection réunie par Victor José Géal (Toone VII) et Andrée Longcheval, conservatrice du Théâtre Royal de Toone. Il est copié dans un cahier (Divers 3) qui contient, notamment, les manuscrits du Lion de Flandre et du Pont des soupirs. C'est un exemple de stutske bââ (pièce comique courte) que jouait avant 1914 le marionnettiste Cattix, chez qui Pierre Welleman (Toone VI) a été formé. Elle était généralement amplifiée par les marionnettistes: Victor José Géal, par exemple, la racontait en ajoutant les mésaventures de Woltje (appelé aussi Ketje), Jef Patat et Smouske chassés de leurs emplois parce qu'ils ne savent pas le français. L'un était chargé de descendre un pot de chambre pour aller le vider (et par maladresse en a coiffé son employeur), un autre devait trier des morceaux de charbon en fonction de leur taille, le troisième avait pour mission de mettre un pot en bois dans un poêle à charbon... La version qu'il jouait s'achevait par une bagarre générale.
Bien que la farce ait été traditionnellement représentée en flamand afin de jouer sur le contraste des deux langues, le manuscrit ici décrit est en français.
Un quiproquo linguistique conduit les protagonistes en prison
Trois paysans décident d'aller en France pour y apprendre le français. Comme ils n'ont pas d'argent pour prendre le train, ils font le voyage à pied et arrivent épuisés. Au Bois de Boulogne, ils apprennent par coeur les premières phrases qu'ils entendent: la conversation de promeneurs qui commentent leur arrivée, et celle d'un couple discutant du prix d'une robe que vient d'acheter la femme. Ils découvrent le cadavre d'un homme assassiné et, interrogés par des soldats, leur répondent avec les phrases qu'ils ont apprises: "Trois paysans en sabots", "Ça m'est égal" et "Pour cent francs seulement". Les soldats les emmènent en prison.