
Manuscrit
54 pages
Auteur(s)
La pianella perduta nella neve
La pianella perduta nella neve (La pantoufle perdue dans la neige) est une adaptation pour le théâtre de marionnettes d'une célèbre farce musicale (1798), qui a connu différentes versions au 19e siècle. L'exemplaire ici décrit est un manuscrit de Nino Pozzo pour les marionettes à gaine de son Teatro Mondo Piccino qui a sans doute pris pour modèle un spectacle joué à Vérone par les frères Salvi en 1892.
Le manuscrit témoigne du soin méticuleux que porte Pozzo à la mise en scène : il est accompagné d’un feuillet supplémentaire qui suggère l’insertion du masque d’Arlequin, dans un dialogue choral entre Fasolino et d’autres personnages, témoignant de la flexibilité du répertoire et de sa capacité à s’adapter aux différentes traditions régionales. La version de Pozzo élève la farce populaire à travers une poétique de l’atmosphère, caractérisée par des effets scéniques suggestifs et l’expressivité des marionnettes à gaine.
Un objet perdu cause de multiples quiproquos.
Nanetta, pour rencontrer secrètement son bien-aimé Nardino, décide de sortir la nuit en portant les précieuses pantoufles de sa mère. Cependant, la neige haute et la précipitation lui jouent un mauvais tour : elle perd une de ses chaussures. Le lendemain matin, la découverte de la pantoufle dans la neige déclenche la panique parmi les jeunes amoureux et la curiosité de tout le village.
Le Maître d’école et Fasolino commencent à interroger les protagonistes, alimentant le chaos. Alors que le Maître essaie de découvrir l’identité de la coupable, Fasolino ajoute du grain à l’histoire avec ses blagues et moqueries, en se moquant de l’autorité du Maître et en confondant les traces pour protéger les jeunes gens (ou simplement pour créer du désordre).
Les commères du village suspectent des trahisons et des intrigues interdites parmi les habitants. Nanetta, terrifiée que sa mère découvre la vérité, cherche désespérément à récupérer l’objet tandis que le Maître insiste avec ses accusations. Fasolino, dans un moment de folie comique, propose des solutions absurdes et dialogue avec les autres personnages en ridiculisant les prétentions de respectabilité de la petite bourgeoisie locale.
Au plus fort de la dispute, quand le secret est sur le point d’être révélé devant toute la communauté, Nanetta confesse son amour pour Nardino. La rigueur de la mère et du Maître cède face à l’évidence des sentiments et aux trouvailles de Fasolino, qui réussit à transformer le scandale potentiel en une farce libératrice. La pièce se termine par le triomphe de l’amour et par la réconciliation générale, où la gaieté du théâtre de figure prend le pas sur les rigides conventions sociales.
