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12 pages
Auteur(s)
Mon village
La pièce Mon village fait partie du volume Paris-Pantin : deuxième série des "Pupazzi", paru en 1868. Les pièces de cet ouvrage sont précédées de plusieurs prologues que Lemercier de Neuville improvisait souvent avant le début de ses spectacles.
Comme dans les deux volumes de la première série des Pupazzi (1866), l’auteur compose ses textes à partir de reflets de son époque, de portraits de personnalités connues et d’actualités. Ainsi, les personnages et les actions de Mon Village représentent plusieurs allusions historiques. Par exemple, les conflits entre paysans et propriétaires terriens peuvent faire écho à l'expansion de la Prusse et à la crise internationale créée par la tentative d'annexion du Luxembourg par la France. On relève aussi des références à l’armement militaire (les "bâtons Chassepot" sont une allusion directe au fusil Chassepot adopté par l’armée française en 1866), et le conflit autour du presbytère du curé pourrait symboliser la tension entre l'Église catholique et le Second Empire, au moment où celui-ci a soutenu militairement l'unité italienne et contribué ainsi à ce que le Saint-Siège perde une grande partie des États du Vatican.
En outre, Monsieur Prudhomme est un personnage emblématique créé par Henry Monnier (1799-1877), un auteur, caricaturiste, et dramaturge français. Ce personnage incarne une satire du bourgeois de son époque, symbolisant la prétention, la moralité rigide, et l’esprit conformiste qui caractérisaient cette classe sociale dans la première moitié du XIXᵉ siècle.
Un propriétaire fait face aux conflits de voisinage
M. Prudhomme possède un village nommé Terrevieille où il vit avec sa fidèle bonne, Gazette, et son voisin, Annexmann. Un jour, Gazette vient le trouver pour lui conseiller de bâtir des murs autour de son jardin et d’armer les habitants de sa terre, car d'autres paysans sont équipés de piquets. M. Prudhomme lui ordonne de démasquer le coupable, et Gazette part en quête d’informations.
Pendant ce temps, Annexmann arrive pour discuter d’un voisin nommé Danois et d’une parcelle qui, autrefois, appartenait à ses ancêtres. Craignant un conflit, M. Prudhomme décide de creuser des fossés et d’armer ses gens.
Peu après, Gazette revient et informe son maître que les hommes d’Annexmann portent des bâtons équipés d’une aiguille, tandis que ceux de M. Prudhomme disposent de fusils Chassepot.
Au cours de la discussion, on apprend un nouveau problème qui surgit : un certain Victor avait promis de respecter le presbytère du curé du village, situé dans ses vergers. Pourtant, Victor menace maintenant d’expulser le curé de ses terres. Cette situation est inacceptable pour M. Prudhomme qui décide, avec Gazette, de défendre la maison du curé.
En reconnaissance de son aide précieuse, Gazette demande à M. Prudhomme une récompense bien particulière : la liberté.
Première représentation
Au Cercle de la Société des Courses
Éditions et traductions
Lemercier de Neuville, Paris pantin : deuxième série des "Pupazzi", Paris : A. Lacroix, Verboeckhoven, 1868.