Imprimé
36 pages
L'Enfant prodigue
L'Enfant prodigue est une reconstitution d'un spectacle traditionnel des marionnettistes ambulants, réalisée par Gaston Baty qui s’est appuyé sur deux sources : d’une part, une version retranscrite de mémoire par Émile-Isidore Pitou II (1859-1942), qui l’avait lui-même apprise de son père, Émile-Auguste Pitou I (1826-1881) ; d’autre part, une version transmise par Victor Pajot (1864-1951), un marionnettiste français, membre de la famille des marionnettistes Pajot-Walton's. Il est important de souligner que le répertoire était semblable dans tous les théâtres ambulants (chez Pajot, Pitou et Levergeois). Néanmoins, les pièces n'étaient pas jouées de la même manière et sous les mêmes titres.
L’histoire du Théâtre Pitou commence vers 1840 sous le nom de « Théâtre des Fantoccini », lorsque Pitou I est engagé par Hubert Chok pour décorer les marionnettes et accompagner les spectacles à l’accordéon. Après la mort de Chok en 1867, Pitou reprend la direction du théâtre, qui prend alors son nom définitif.
L’Enfant prodigue fait partie du répertoire permanent du Théâtre Pitou, où l’on retrouve Crasmagne, un personnage récurrent. Bien que ses origines restent incertaines, il est attesté dès la période où Chok dirigeait la troupe.
Un fils apprend à apprécier l'amour de son père
Benjamin, un jeune homme, propose à son domestique Crasmagne de partir avec lui, non plus comme serviteur, mais en tant que mentor et ami. Crasmagne hésite mais la promesse d’empocher une belle somme d’argent dissipe ses doutes. Benjamin lui donne alors rendez-vous à minuit dans un parc.
Dans ce parc se trouve un pavillon où est cachée une cassette remplie de bijoux ayant appartenu à la mère de Benjamin. Ce dernier exige que Crasmagne aille la chercher. Face aux menaces de son maître, le domestique n’a d’autre choix que d’obéir.
Cependant, une fois la cassette en main, Crasmagne décide de la cacher ailleurs et prétend ne pas l’avoir trouvée. Furieux, Benjamin entre lui-même dans le pavillon pour la récupérer. Pendant ce temps, Crasmagne, posté à l’extérieur, aperçoit Monsieur Lésimond, le père de Benjamin. Pris de remords, il lui avoue toute la vérité.
Peu après, Benjamin ressort du pavillon, la cassette sous le bras et un pistolet à la main. Son père le maudit et part. Crasmagne et Benjamin se rendent à l’hôtel du "Coq Plumé". Une fois sur place, ils font la connaissance de l’hôtesse et de sa domestique, Javotte. Benjamin laisse Crasmagne sans repas et part s’amuser. Mais leur séjour tourne au désastre : après avoir joué aux jeux de hasard, ils finissent ruinés et sont expulsés de l’hôtel, presque nus et sans un sou.
Affamés et épuisés, ils croisent un paysan qui leur propose du travail : Crasmagne devient valet, tandis que Benjamin se retrouve gardien de cochons. Crasmagne part dîner avec le paysan, laissant Benjamin seul à ses réflexions. C’est alors qu’un ange apparaît et lui conseille de rentrer chez son père. Peu après, Crasmagne revient avec de la soupe et apprend que Benjamin a décidé de rentrer à la maison. Une fois rentrés, Benjamin obtient le pardon de son père.
Première représentation
Éditions et traductions
Gaston Baty, Trois p'tits tours et puis s'en vont. Les théâtres forains de marionnettes à fils et leur répertoire 1800-1890. Paris : Odette Lieutier, 1942.