
Imprimé
44 pages
Auteur(s)
Le Presbytère
Dans son atelier parisien surnommé "le Temple", à partir de 1889, le peintre Paul Ranson improvise des petites pièces satiriques qui prennent une forme littéraire dans la première édition de L'Abbé Prout : Guignol pour les vieux enfants. Cet ouvrage rassemble les sept saynètes, chacune destinée à une personne connue et chère au cœur de Ranson. La pièce Le Presbytère est dédiée à Georges Ancey, dramaturge français (1860-1917).
Malgré la direction artistique mystérieuse de Paul Ranson, son art de la marionnette est imprégné d'humour et de dérision. L'abbé Prout, marionnette grotesque et caricaturale, s'inscrit dans un univers fantaisiste et satirique qui explore les limites du comique, dans le cadre d’une satire des mœurs sexuelles.
Un projet de mariage finit par se réaliser
L’Abbé Prout se plaint d’être malade et demande à sa nièce, Clotilde de Blanc-Bedon, de venir le « soulager » dans son presbytère. Plus tard, la marquise de Percefort arrive chez l'abbé pour s’informer sur la personnalité de son futur gendre, Théobald, afin de savoir s’il serait un bon et honnête époux pour sa fille Bérengère. Elle promet d’envoyer Théobald à l’abbé pour qu’ils puissent discuter. La marquise offre alors du jambon et du champagne à l’abbé.
On apprend que Théobald n’éprouve aucun sentiment romantique envers sa future fiancée (qui est aussi sa nièce), Bérengère. Théobald rencontre ensuite Clotilde et, troublé par sa beauté, lui déclare son amour. Clotilde lui répond favorablement, et ils s’isolent ensemble.
Bérengère vient rendre visite à l’abbé et, dans son monologue, on découvre qu’elle est amoureuse d’un autre cousin, Gontran. Celui-ci fait une apparition inattendue. Ruiné par le jeu, il a dû s’exiler pour regagner sa fortune et pouvoir épouser Bérengère comme il le lui a promis. Bérengère décide d’en parler à l’abbé mais croise Clotilde avant de pouvoir le faire. En apprenant l’identité de la jeune fille, Clotilde, jalouse, ment : elle prétend que l’abbé est trop fatigué pour la recevoir et lui propose son aide, dans le but de neutraliser sa rivale. Après cette conversation, Clotilde rejoint son oncle, l’abbé Prout. Autour d’une bouteille de champagne, ils réfléchissent ensemble à la manière d’organiser le mariage entre elle et Théobald.
La marquise revient et l’abbé lui annonce que Théobald ne ferait pas un bon mari pour sa fille. Contre toute attente, cette nouvelle ne la chagrine pas, car Gontran, désormais fortuné, est de retour.
Éditions et traductions
Paul Ranson, L'Abbé Prout : guignol pour les vieux enfants. Paris : Société du Mercure de France, 1902.