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Os Encantos de Medeia
Os Encantos de Medeia (Les Enchantements de Médée) est représentée sur le Théâtre du Bairro Alto en mai 1735. António José da Silva a pu s’inspirer du livret de la Médée et Jason de Salomon et Pellegrin. L’opéra rencontre un grand succès depuis sa création, en 1713, et présente quelques scènes spectaculaires dont on retrouve la trace chez Da Silva, en particulier la transformation de démons en nymphes à l’Acte III et le déchaînement d’une tempête sur la scène. Plus proche encore de la composition de l’œuvre, la comédie de Francisco de Rojas Zorrilla, Los Encantos de Medea (1645) avait été présentée en 1717 à Valence par Manuel de Fresneda (Pesoa) : la magicienne s’y envolait elle aussi sur un dragon crachant le feu.
Comme toutes les pièces de Da Silva, Os Encantos est représentée sur une musique d’Antόnio Teixeira. L’intrigue évolue selon une structure systématisée par Da Silva à partir de 1935 : un héros se trouve partagé entre deux beautés ; après un moment de grand péril, l’intrigue « joco-séria » (ludique et sérieuse) se termine par un mariage. Le valet Sacatrapo connaît les mêmes aventures que son maître sur un mode bouffon. Il peut ainsi faire parler latin au bélier de la Toison d’or, au cours d’une scène de déclinaison comique.
Dans la lignée du baroque opératique, la pièce présente une machinerie spectaculaire traditionnelle dans l’histoire scénique de Médée : à plusieurs reprises, les personnages descendent ou montent au ciel sur une nuée ; les scènes de débarquement et d’embarquement sur la nef Argos donnent lieu à des scènes de mer ; différents dragons interviennent. Pour combattre l'un d'eux, Jason arrive chevauchant Pégase au cours d’une scène de volerie. Surtout, le pouvoir magique de Medeia permet de transformer le décor à vue : pour séduire Jason, elle anime les arbres et les montagnes, sépare les armées par un fleuve, élève une tour ou appelle les vents.
D’autres jeux tirent parti des dessous du plateau : différentes trappes s’ouvrent ou se ferment pour engloutir un dragon ou le serviteur Sacatrapo qui y perd sa tête et en revient avec une tête d’âne. Da Silva s’empare des virtualités de la marionnette aussi bien que du merveilleux porté par l’histoire de Médée pour créer une action dramatique extrêmement spectaculaire, qui se prolonge en lazzi farcesques. Le merveilleux propre à l’opéra se trouve ainsi convoqué en même temps que discuté, voire désamorcé par sa dégradation burlesque.
Une femme trahit son père pour un infidèle, dont elle cherche à se venger
Jason, en compagnie de Teseu et d’une escorte armée, débarque à Colcos pour conquérir la Toison d’or. Il admire la beauté de la fille du Roi, Medeia, et de sa cousine Creúsa, pendant que son serviteur Sacatrapo s’intéresse à Arpia, servante de Medeia. Sacatrapo, caché dans un buffet, surprend Medeia révélant à sa servante son amour pour Jason. Ce dernier promet d'épouser Medeia si elle l’aide à conquérir la Toison d’or. Mais il est amoureux de Creúsa, il révèle son amour et confie à son serviteur la mission de sonder la jeune fille. Le Roi, qui soupçonne les raisons de l’arrivée de Jason, confie à Medeia le soin de découvrir ses véritables intentions. Sur les instances de Jason, Medeia l’emporte sur une nuée jusqu’au jardin enchanté. Monté sur Pégase, Jason pénètre dans le jardin, où il lutte contre un dragon crachant du feu ; terrassé, le dragon disparaît dans les flammes. Medeia convoque Sacatrapo grâce à un dragon qui crache le serviteur par sa gueule. Elle anime par ses enchantements les plantes du jardin, transformées en nymphes (que Sacatrapo voit comme des ânes). Jason réitère sa promesse d’amour à Medeia, tout en songeant à Creúsa.
Jason prépare sa fuite avec Teseu et envoie Sacatrapo quérir Creúsa. Le serviteur apprend au Roi que Jason lui a dérobé la Toison d’or. Medeia, délaissée, se confie à Creúsa. Jason est sommé de s’expliquer devant les deux belles. Le Roi demande à Medeia, qui l'accepte, de se porter garante pour Jason. Sacatrapo rencontre Medeia, qu’il prend pour Creúsa, au cours d’une scène nocturne et il lui expose la trahison de Jason. Furieuse, Medeia l’enterre progressivement pour servir de nourriture aux dragons et lui donne une tête d’âne. Il lui faut retourner chercher sa tête dans les profondeurs. Sacatrapo est ensuite berné par Arpia qui lui promet la découverte d’un âne aux crottins d’or, gardé par une fourmi. Sacatrapo se fait fort de tuer la fourmi et de dérober l'âne grâce à un chapeau qui rend invisible, donné par Arpia. Medeia surprend Creúsa et Jason dans un duo amoureux et engloutit sa rivale dans une montagne. Le Roi engage la guerre contre les Argonautes : Sacatrapo arrive, un chiffon sur la tête et se croyant invisible ; il est fait prisonnier ainsi que Jason. Medeia, sur un char tiré par des dragons, sépare les armées par un fleuve. Le Roi renie sa fille qui fait surgir une tour d’où elle le défie. Alors que Sacatrapo croit avoir trouvé un trésor, des serpents sortent du coffre qu’il tire – une nouvelle fois berné par Arpia. Creúsa et Jason s’enfuient lors d’une scène nocturne, mais Medeia les oblige à revenir à Colcos, en déchaînant les vents lors d’une scène de tempête. Le Roi pardonne à Jason, lui donne la main de Creúsa et promet la mort à Medeia qui s’échappe sur une nuée.
Première représentation
Theatro do Bairro Alto
Éditions et traductions
Theatro comico português, vol. I, Lisboa, Francisco Luiz Almeno, 1744
António José da Silva (O Judeu), Obras completas, vol. II, Lisboa: Livraria Sá da Costa, 1957
Mots-clés
Procédés théâtraux
- Enchantement
- Décor qui s’anime
- Changement de décor à vue
- Métamorphose
- Volerie
- Rivalité amoureuse
- Nuée
- Combat contre un monstre
- Personnage animalisé
- Scène de nuit
- Scène d'orage
- Scène de naufrage
- Elément naturel animé
- Scène de bataille
- Combat contre un magicien
- Entrée en véhicule
- Morcellement du corps
- Coup de tête
- Scène épiée
- Coup de tonnerre
- Apothéose
- Mariage final
- Divertissement dansé
- Musique
- Ballet