Imprimé
29 pages
Victor ou l'Enfant de la forêt
Victor ou l'Enfant de la forêt est une adaptation du livre homonyme de François Guillaume Ducray-Duminil (1761-1819), publié en 1796. Cette adaptation pour marionnettes a été réalisée par un certain Béranger, fondateur de la dynastie de marionnettistes des Pajot-Walton's, et qui s’est lui-même inspiré de la version de René-Charles Guilbert de Pixerécourt (1773-1844). Le texte reconstitué est publié dans l’ouvrage de Gaston Baty Trois p'tits tours et puis s'en vont, dédié au répertoire du théâtre de marionnettes foraines. Ces pièces étaient jouées dans les foires, à l'intérieur d'une baraque, autrement dit dans un bâtiment léger et démontable.
Un jeune homme obtient de pouvoir épouser une jeune femme noble
Victor est amoureux de Clémence, la fille du baron Fritzierne. Par ailleurs, il y a longtemps, Victor a été trouvé dans la forêt par le baron de Fritzierne et élevé comme son propre fils. Victor avoue à Clémence qu’il n’est pas son frère. Ravie de cette révélation, Clémence entrevoit enfin la possibilité de leur union. Pourtant, Victor souhaite fuir : il n’ose pas demander la main de Clémence au baron, persuadé que, sans fortune, il n’obtiendra jamais son accord.
Le lieutenant Forban confie à Victor une lettre destinée au baron, affirmant qu’elle peut lui sauver la vie. Pendant ce temps, Clémence a tout raconté à son père, qui souhaite désormais voir Victor. Ensemble, le Baron, Clémence et Victor lisent la lettre envoyée par Roger, le chef des brigands. Quelques jours plus tôt, les hommes du baron ont libéré une femme, Madame Germain, que Roger avait enlevée. Ce dernier exige désormais que le baron la lui ramène en personne sous vingt-quatre heures, faute de quoi il se vengera. Le baron refuse de céder et ordonne la préparation de son armée pour affronter Roger.
Le baron met Victor à l’épreuve : pour épouser Clémence, il devra prouver que ses parents sont des gens honnêtes et d’honneur, même s’ils sont pauvres. Le combat commence. Victor affronte Roger, mais Madame Germain intervient et sauve le chef des brigands. Le baron exige alors des explications de Madame Germain. C’est ainsi que la vérité éclate : Roger est en réalité le père de Victor, et Madame Germain était l’amie de sa mère, Adèle. Cette dernière lui avait confié la mission de sauver son fils. Madame Germain avait alors enlevé le petit Victor et l’avait déposé dans la forêt, où le baron l’avait trouvé. Apprenant cela, Roger, fou de rage, avait tué Adèle.
Le baron laisse une ultime chance à Victor : s’il parvient à convaincre son père d’abandonner sa vie criminelle, il pourra épouser Clémence. Victor retrouve alors Roger et lui révèle qu’il est son fils. Mais Roger refuse de renoncer à son mode de vie, même par amour pour lui. Finalement, il se sacrifie pour protéger Victor et Clémence lors de l’attaque du camp. Grièvement blessé, il demande au baron, dans un dernier souffle, de ne pas juger Victor pour le sang dont il est issu et d’accepter son mariage avec Clémence.
Première représentation
Éditions et traductions
Gaston Baty, Trois p'tits tours et puis s'en vont. Les théâtres forains de marionnettes à fils et leur répertoire 1800-1890. Paris : Odette Lieutier, 1942.